Cynorhodon, un remède hivernal

19/08/2021

Les propriétés du cynorhodon, la baie de l'églantier commun du genre Rosa canina, seraient connues depuis la fin du Moyen-âge en France mais cette plante est utilisée depuis au moins l'antiquité dans différentes parties du monde. 

Un peu d'histoire

Les grecs utilisaient la rose de l'églantier pour traiter les rhumes et les inflammations de la gorge. Hippocrate se servait de ses racines pour guérir les morsures de chien (la rage) en faisant absorber à la personne mordue, à jeun, une omelette contenant 60 g de racine d'églantier, d'où son nom Rosa canina « rosier des chiens ». Les fleurs relevaient le thé et les plats chinois à base de légumes. Les amérindiens le mélangeaient à de la viande séchée et s'en servaient d'aliment de survie en hiver. Ses pétales aromatisaient également les desserts et le vin à l'époque de l'empire Romain. Au Moyen âge, l'églantier était planté dans les jardins de curés et dans les jardins potagers, pour leur beauté mais aussi pour des utilisations culinaires et médicinales. Durant la seconde guerre mondiale, la pénurie de fruits riches en vitamine C contraignit les Anglais à récolter les fruits d'églantier pour redonner des forces à leurs soldats. 

Le cynorhodon, a été introduit dans la thérapeutique européenne à la fin du Moyen-âge, grâce aux croisés revenant du Moyen-Orient qui en avaient découvert les propriétés dans les traités de médecine arabes. La baie de l'églantier étant un des seuls fruits, qui, sous nos latitudes était disponible tout l'hiver, c'est donc tout naturellement que le Cynorhodon s'est imposé chez nous, pour ses propriétés astringentes, diurétiques et antiscorbutiques.

Propriétés du cynorhodon


Le cynorhodon est utilisé traditionnellement comme diurétique et astringent ainsi que pour lutter contre le scorbut, une maladie qui pouvait causer un déchaussement des dents, voire la mort. Il est donc indiqué dans les cas de diarrhées, nausées, crampes d'estomac, inflammation des reins, asthénie, cure de printemps... L'usage traditionnel de ce fruit est confirmé par des études récentes qui démontrent ses propriétés : il est anti-inflammatoire, antioxydant, anti-mutagène, vitaminisant, astringent, cholagogue, cholérétique, diurétique, anti-laxatif, antioxydant... de plus on lui trouve des propriétés antidiabétiques.

Action anti-diarrhéique

La propriété anti-diarrhéique de la baie de cynorhodon est principalement due aux tanins qui s'associent aux glycoprotéines. Cette association fait perdre à la salive son pouvoir lubrifiant et absorbe également l'excès de mucus intestinal, ce qui contribue ainsi à diminuer la fréquence des selles. Ce qui est précieux lors d'affections intestinales fréquentes en hiver, telle que la gastro-entérite.

Teneur exceptionnelle en vitamine C

Selon les espèces, la teneur en vitamine C du cynorhodon peut aller de 500 à 5 000 mg pour 100 g de fruit, ce qui représente un taux dix à cent fois supérieur à celui d'un agrume et possède tous les sels minéraux importants. Plus spécifiquement, ce fruit contient des vitamines A, B, C, D, E et K, de la niacine, des acides citrique et malique, de la pectine, des glucoses, des caroténoïdes, du zinc, des résines, des flavonoïdes, des lycopènes... Nous pouvons donc constater que la baie de l'églantier est très riche en antioxydants, donc très utile pour prévenir le rhume et la grippe. Et chose remarquable, la vitamine C du cynorhodon reste stable à la chaleur, il peut donc être cuisiné (soupe, confiture, sauce, sirop, etc.). En hiver, la vitamine C joue un rôle primordial dans le soutien du système de défense de l'organisme, le cynorhodon est donc un allié de choix.

Fruit cardio-protecteur

Le cynorhodon est également un excellent cardio-protecteur. Là aussi, plusieurs de ses constituants sont impliqués, comme le beta-carotène qui neutralise l'oxygène et inactive les radicaux libres. Le cynorhodon est également riche en tocophérol, dont il a été montré qu'une seule molécule était capable de protéger 20 000 molécules d'acides gras insaturés indispensables au bon fonctionnement du système cardio-vasculaire. Ces molécules sont consommées en grande quantité par le corps pour maintenir la chaleur de l'organisme lors des baisses de température.

Anti-inflammatoire des articulations

Depuis des décennies, on suggère que le cynorhodon a des propriétés anti-inflammatoires. Cette théorie a été appuyée, entre autres, lors d'un Congrès de la Société internationale de recherche sur l'arthrose. En fait, plusieurs recherches prouvent que le cynorhodon peut précisément soulager les douleurs articulaires. Dans un article, il est même précisé que le cynorhodon est 30% plus efficace que la glucosamine pour soulager les arthralgies et contrairement à la glucosamine, il n'occasionne aucun effet secondaire. Effectivement, l'utilisation du fruit de l'églantier est un moyen efficace de soulager les douleurs occasionnées par l'arthrite, l'arthrose, le rhumatisme et la goutte.

Utilisation du cynorhodon


Récolte des cynorhodons

L'églantier est un arbuste commun de nos lisières et de nos haies. On le trouve en plaine ainsi qu'en montagne jusqu'à 2200m d'altitude. Il en existe de nombreuses espèces dont la plus commune est le rosier des chiens, mais leur distinction est ardue. Ne vous inquiétez pas, tous leurs fruits sont comestibles, ainsi que ceux des innombrables variétés ornementales. Le fruit est en réalité, un faux-fruit. Les fruits à proprement parler sont les "graines" que l'on trouve lorsqu'on l'ouvre. Il sont rouges, gros, de forme variable selon les espèces et possèdent une pulpe comestible à l'intérieur. Ouvrez-le et vous y trouverez une multitude de petits poils appelés vulgairement « gratte-cul ». Ce nom rappelle les irritations qu'ils procurent au derrière de celui qui en consomme sans avoir pris le temps de les enlever. Il sont irritants pour toutes les muqueuses du système digestif. 

La cueillette de cynorhodon se fait en général à partir du mois d'octobre, lorsque les fruits sont devenus mous grâce aux gelées. Mais il est possible de les consommer bien avant, dès le mois de septembre voire fin août. 

Conservation 

Coupez les en deux, et enlever les poils avec une petite cuillère. Vous pouvez les stocker au congélateur et les réutiliser plus tard.  Le séchage est aussi une bonne manière de les conserver. C'est une méthode qui sera surtout utilisée pour en préparer une infusion ou une macération par la suite. Pour sécher les cynorhodons, vous avez deux possibilités. Soit vous les récoltez durs (ou vous les congelez pour qu'ils le soient), puis vous les coupez en deux et enlevez tous les poils à l'intérieur avant de les sécher. Ils seront donc propres, mais cela prend du temps... Soit vous les coupez en deux et laissez tout ce qu'il y a à l'intérieur. Vous devrez par contre filtrer votre infusion avec un passoire très fine pour filtrer les poils. C'est la solution la plus simple.

Préparations - Sous quelle forme ? (formes galéniques)

  • Tisane de cynorhodon (infusion de cynorhodon) (contre les refroidissements ou l'hypovitaminose)
  • Décoction de cynorhodon (contre les refroidissements)
  • Vin de cynorhodon
  • Sirop de cynorhodon
  • Poudre de cynorhodon ou capsule de cynorhodon (contre l'arthrose, les maux de dos)
  • Teinture de cynorhodon (Recette : 4 grammes de baies d'églantier dans 100 ml d'eau, chauffez à ébullition l'eau froide et les cynorhodons, laissez encore bouillir 20 minutes après ébullition. Remède indiqué contre les refroidissements ou l'hypovitaminose)
  • Confiture (si préparée à base de la pulpe, on peut trouver de la vitamine C dans la confiture)
  • Teinture mère

Sirop de cynorhodons pour l'hiver


Equipement

  • Entonnoir
  • Presse-purée ou moulin à légumes
  • Filtre à café permanent ou un simple morceau de tissus
  • Casserole
  • Entonnoir
  • Bouteille stérilisée

Ingrédients

  • 300 g cynorhodons frais
  • 0.5 L eau
  • 800 g sucre (ou miel ou glycérine végétale)

Instructions

  • Laver et couper les cynorhodons de chaque côtés pour que la pulpe puisse s'extraire facilement. 
  • Les mettre dans la casserole avec l'eau et chauffer durant 10 min, sans monter au-delà de 50°C, à couvert.
  • Couper le feu et laisser macérer durant 1h.
  • Filtrer et presser le jus et les fruits.
  • Une fois le jus filtré, rajouter de l'eau pour avoir 0.5 L de liquide.
  • Placer le liquide dans une casserole, incorporer le sucre et chauffer légèrement jusqu'à dissolution complète du sucre. Ne chauffez pas trop!
  • Verser dans une bouteille stérilisée à raz-bord, fermer et retourner la bouteille jusqu'à refroidissement. Ceci créera un vide d'air limitant le développement des moisissures.
  • Étiqueter et conserver au frais et à l'abri de la lumière (se conserve environ 3 mois au frigo)